08.04.2007

Que devient Southland Tales ?

Que devient Southland Tales ?

  
 
On n’avait plus de nouvelles de Southland Tales, de Richard Kelly, depuis sa dernière présentation au festival de Cannes où l’accueil fut très controversé entre ceux qui adoraient jusque dans les imperfections (nous en faisons partie) et ceux qui abhorraient au point de souhaiter la mort d’un petit virtuose qui s’est fantasmé le nouveau Philip K. Dick. Actuellement, les producteurs attendent toujours la version remontée du cinéaste pour juger cette expérience originale et perfectible, et les distributeurs peinent à se prononcer sur une potentielle sortie française. Dans ces conditions, il y a de fortes chances pour que le film ne sorte pas dans l’Hexagone avant 2008.

Southland Tales, second long métrage de Richard Kelly, réalisateur d’un premier et terrassant Donnie Darko, est ce qui s’appelle un film maudit. Tellement maudit que plus personne n’ose parler de cette bombe présentée l’année dernière au festival de Cannes. Depuis son accueil tiédasse, ce n’est pas un euphémisme de dire qu’elle est retombée comme un soufflé. La vraie question qui brûle les lèvres des aficionados de Donnie Darko, à savoir une sortie dans les salles françaises, reste péniblement en suspens. Pour ainsi dire, le film a quasiment disparu des plannings et reste dans l’esprit de tout ceux qui étaient à Cannes comme un mauvais souvenir qu’on n’a pas envie de raviver de sitôt. Il n’existe même pas une bande-annonce disponible pour attiser l’attention des curieux mis à part quelques extraits non sous-titrés sur le site officiel du festival de Cannes. L’envie de le (re)voir est pourtant pressante.

Au mois de novembre dernier, une rumeur provenait de certains malintentionnés qui parlaient d’un potentiel direct-to-dvd en raison du mauvais bouche à oreille Cannois et du strass épuisé. Après une sortie en salles déterminée fin décembre, le film s’est vu reporté essentiellement en raison de son caractère trop opaque. Il ne pouvait pas constituer le film de Noël adéquat pour toute la famille et ainsi séduire les fans de Buffy, Mandymoore, Seann William Scott, Justin Timberlake, Christophe Lambert et The Rock. Ce n’est pas un mépris souverain envers le spectateur, juste le refus unanime chez Sony de sortir le film dans les conditions de la version montrée à Cannes qui s’apparente à un work-in-progress en roue libre riche en idées révolutionnaires. Sur un canevas apocalyptique (les trois derniers jours avant la fin du monde), le film fait office de témoignage d’une génération pop rongée par la superficialité où des américains de tout milieu désabusés n’ont plus goût à rien et ne croient plus aux promesses des politiciens. Pendant tout le film, ces personnages se cherchent et se retrouvent avant la fin du monde

Enquete : que devient southland tales ? On n’avait plus de nouvelles de Southland Tales, de Richard Kelly, depuis sa dernière présentation au festival de Cannes où l’accueil fut très controversé entre ceux qui adoraient jusque dans les imperfections (nous en faisons partie) et ceux qui abhorraient au point de souhaiter la mort d’un petit virtuose qui s’est fantasmé le nouveau Philip K. Dick. Actuellement, les producteurs attendent toujours la version remontée du cinéaste pour juger cette expérience originale et perfectible, et les distributeurs peinent à se prononcer sur une potentielle sortie française. Dans ces conditions, il y a de fortes chances pour que le film ne sorte pas dans l’Hexagone avant 2008.

Southland Tales, second long métrage de Richard Kelly, réalisateur d’un premier et terrassant Donnie Darko, est ce qui s’appelle un film maudit. Tellement maudit que plus personne n’ose parler de cette bombe présentée l’année dernière au festival de Cannes. Depuis son accueil tiédasse, ce n’est pas un euphémisme de dire qu’elle est retombée comme un soufflé. La vraie question qui brûle les lèvres des aficionados de Donnie Darko, à savoir une sortie dans les salles françaises, reste péniblement en suspens. Pour ainsi dire, le film a quasiment disparu des plannings et reste dans l’esprit de tout ceux qui étaient à Cannes comme un mauvais souvenir qu’on n’a pas envie de raviver de sitôt. Il n’existe même pas une bande-annonce disponible pour attiser l’attention des curieux mis à part quelques extraits non sous-titrés sur le site officiel du festival de Cannes. L’envie de le (re)voir est pourtant pressante.

Au mois de novembre dernier, une rumeur provenait de certains malintentionnés qui parlaient d’un potentiel direct-to-dvd en raison du mauvais bouche à oreille Cannois et du strass épuisé. Après une sortie en salles déterminée fin décembre, le film s’est vu reporté essentiellement en raison de son caractère trop opaque. Il ne pouvait pas constituer le film de Noël adéquat pour toute la famille et ainsi séduire les fans de Buffy, Mandymoore, Seann William Scott, Justin Timberlake, Christophe Lambert et The Rock. Ce n’est pas un mépris souverain envers le spectateur, juste le refus unanime chez Sony de sortir le film dans les conditions de la version montrée à Cannes qui s’apparente à un work-in-progress en roue libre riche en idées révolutionnaires. Sur un canevas apocalyptique (les trois derniers jours avant la fin du monde), le film fait office de témoignage d’une génération pop rongée par la superficialité où des américains de tout milieu désabusés n’ont plus goût à rien et ne croient plus aux promesses des politiciens. Pendant tout le film, ces personnages se cherchent et se retrouvent avant la fin du monde.

Les premières images du film, tournées en caméra vidéo, introduisent le contexte. Nous sommes le 4 juillet 2005, des enfants s’amusent et soudain, une attaque nucléaire. Le monde ne sera plus comme avant. Trois ans ont passé : l’Amérique est en guerre, histoire de combattre ceux qui l’ont offensée. Pour répondre à la pénurie de carburant, la compagnie US-ident (machine Gilliamesque) élabore un générateur d’énergie inépuisable qui fonctionne sur les flux de l’océan mais altère imperceptiblement la rotation de la Terre. Pendant ce temps, une vedette de films d’action cherche à vendre un scénario sur la fin du monde qui pourrait bien prendre forme.

De ce qu’on en a vu, Southland Tales ressemble à un objet de cinéma monstrueux qui peut se lire à différents niveaux : monstrueusement satirique (critique du puritanisme américain), monstrueusement cinématographique (conjonction de différents genres et d’acteurs venus d’horizons différents), monstreusement lucide en donnant à toute une brochette d’acteurs perdus dans ce tumulte une possibilité de révéler une facette insoupçonnée de leur jeu d’acteur. L’ensemble qui rassemble un casting totalement improbable est rempli de pures idées de cinéma que Kelly avait déjà exploitées dans Donnie Darko : un plan-séquence époustouflant où on suit Baï Ling, magnifique dans un rôle de grognasse fashion victime, serpentant dans une fête de fin d’année, renvoie à celui de la présentation du lycée sur fond de Tears For Fears.


De même, une scène de danse sur un morceau de Moby avec une Sarah Michelle Gellar se déhanchant comme une Britney Spears encerclée de danseuses évoque la prestation sur scène des petites filles dont la soeur de Donnie sur Notorious, de Duran Duran. On assistait à la fin d’un monde intérieur dans l’Amérique new-wave des années 80 dans Donnie Darko ; on assiste cette fois à la fin du monde dans l’Amérique pop-trash des années 2000 dans Southland Tales où des groupuscules anars ont autant d’importance dans la narration qu’un jeune américain fâché avec le patriotisme belliqueux de son pays, une femme sexuellement frustrée perdue dans l’anonymat qui vit ses désirs par procuration en zieutant des webcams indiscrètes ou une star du cinéma porno devenue icône glamour dans un monde paradoxal où le sexe transpire de partout alors que les gens vivent mal leur sexualité. Ce qui a pu exaspéré les festivaliers réside dans cette boulimie qui constitue en même temps la grande qualité d’un film qui n’a pas envie de laisser sur le bas-côté le moindre personnage. Mais le traitement est si complexe et ardu qu’il peut désarçonner ceux qui n’aiment pas les expériences novatrices. La bande-son très aérienne de Moby rappelle incidemment qu’elle est composée par un compositeur né un 11 septembre et qui a vécu les attentats en direct de son balcon New-Yorkais.

Terriblement contemporain, terriblement jouissif par son jusqu’au-boutisme, Southland Tales ressemble à une pièce montée sucrée et bourrative où l’essentiel (la noirceur, le pessimisme, le désenchantement) doit être lu entre les lignes. Ce qui est beau vient de ce qu’on ne comprend pas et de choses cachées qui surgissent comme par enchantement (la mélancolie dans le regard de Gellar, les moments de flottement où la musique de Muse reflète les sentiments confus des personnages, la découverte progressive d’un monde vaste et incompréhensible sur le point d’exploser). C’est surtout un objet de son époque qui place son récit dans un contexte précis où les valeurs sont sur le point de s’écrouler à tout moment. Qui souffre en même temps de sa propre fantaisie. Qui n’a plus le temps de rêver. Qui se meurt tout seul.

Le pessimisme dissimulé sous la fausse légèreté de ton donne une identité forte à ce film très impressionnant. S’il gagne à être épuré, Kelly sera obligé de supprimer des personnages secondaires. Certainement pas Bai Ling qui sert de fil conducteur mais des personnages presque anecdotiques comme ceux incarnés par Kevin Smith, Jon Lovitz ou Miranda Richardson qui servent à accentuer les réparties comiques. A l’heure d’aujourd’hui, Richard Kelly annonce lui-même sur son site Internet qu’il est sur le point d’achever la version finalisée du film mais qu’auparavant il doit démarcher auprès de nouveaux producteurs pour trouver l’argent nécessaire afin de peaufiner les effets spéciaux.


Une chose est sûre : si Southland Tales sort un jour dans les salles de cinéma, on le découvrira dans sa version expurgée (il devrait faire un peu plus de deux heures) et, certainement, améliorée. Les fans de Donnie Darko seront tous d’accord pour clamer que la version courte du film est infiniment plus stimulante que la director’s cut qui vient lourdement expliciter quelques zones d’ombre. Pour apprécier le film dans toute sa complexité Babylonienne, il faudra attendre le dvd qui n'est pas prêt d'arriver. Beaucoup à Cannes ont assimilé le film à un rébus incompréhensible. Or, comme Donnie Darko, Southland Tales invite à des visionnages répétées: une seule vision dans une salle de cinéma ne peut satisfaire tant les personnages impliquent des enjeux dramatiques très précis.

En novembre dernier, David Lynch était confronté au même problème que Richard Kelly avec INLAND EMPIRE, autre film mutant d’environ trois heures. La pression de certains distributeurs avait poussé le réalisateur de Mulholland Drive à sortir son brûlot antihollywoodien tout seul comme un grand, par ses propres moyens en profitant notamment d’Internet pour le promouvoir ou en allant dans la rue avec une vache pour inciter les spectateurs à le découvrir. Richard Kelly a procédé de la même manière en ouvrant avec son frère un site Internet aussi complexe que celui de Donnie Darko où l’internaute a la possibilité de naviguer de manière interactive et addictive en découvrant – prochainement – les romans graphiques issus du film qui devraient apporter des informations complémentaires et des pistes de compréhension appréciables. Parallèlement, un site parodique consacré à la porno-star incarnée par Sarah Michelle Gellar a ouvert ses portes et fonctionne comme un trompe-l’oeil.

Un réalisateur qui ne croit pas en ce qui l’anime aurait immédiatement renoncé à toutes ces galères. Par chance, Richard Kelly n’appartient pas à cette catégorie et ne baisse pas les bras même s’il ne cache pas un désir d’en finir. Ceux qui ont juré sa perte à Cannes seront désolés d’apprendre que le jeune Richard a des projets: après avoir donné sa touche finale à Southland Tales, il devrait se consacrer à son projet The Box avec son ami Eli Roth (qui fait un cameo scatologique dans Southland Tales), basé sur I Am Legend, une nouvelle de Richard Matheson. Un film qui lui tient tant à cœur qu'il commencera après avoir achevé le casting, avant la fin de l’année.

Parallèlement, il commence à écrire pour le compte de la Fox le scénario d’un film d’action qui est en réalité le remake d’un film réalisé en 1971. Enigmatique, il ne peut pas divulguer pour l’instant le nom du réalisateur et le titre du film d’origine. En attendant, on aimerait que l’arlésienne Southland Tales cesse au plus vite. En attendant, prions. Faisons des pétitions. Parlons-en. Afin que ce film délicieux retrouve sa grandeur.

source : DVDRama

21:38 Écrit par akwacasert dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

Écrire un commentaire